Association de Sauvegarde du

CHATEAU DE GAVRAY

APRÈS LA GUERRE DE CENT ANS

 

Après 1450, le château n'a plus aucun intérêt stratégique et son rôle est extrêmement modeste. Signalons pour l'anecdote que, pour récompenser son fidèle serviteur, Arthur de Richemont, Charles VII lui donne, sa vie durant, «ville, terre, seigneurie et vicomté de Gavray» ; or il se trouve que Richemont est le petit-fils de Charles le Mauvais, roi de Navarre...

Le château est restauré en 1459, après la mort de Richemont ; le danger vient alors de Bretagne, et le dernier fait de guerre connu concernant la forteresse est son occupation par les Bretons en 1467. L'année suivante, Louis XI reprend les affaires en main.

Gavray abrite une garnison pendant tout le XVI' siècle, comme l'attestent les fouilles archéologiques menées dans les bâtiments résidentiels situés à l'est de l'enceinte.

Au début du XVIIe siècle, il est progressivement abandonné.

En 1697, Louis XIV concède au comte de Toulouse, Louis-Alexandre de Bourbon, son fils adultérin avec la Marquise de Montespan : La Lande les Bains, la Lande Saint Luc et la butte du château.

Comte de Toulouse, Louis-Alexandre de Bourbon

En 1789, le cahier des doléances des habitants de Gavray fait état, notamment, d’une demande d’exécution d’une décision de l’Assemblée du Parlement de Coutances relative à la construction d’une route reliant Coutances à Gavray et ils demandent également la construction d’une autre vers Bricqueville les Salines pour le transport des engrais de mer. Des pierres du château ont-elles servies à l’encaissement de ces voies lors de leur réalisation ?
Le 5 décembre 1832, la Compagnie du Cotentin exerçant les droits de la Maison d’Orléans cède gratuitement à la commune de Gavray, en raison de ses anciens droits d’usage, 106 ha 49 ares dont la butte du château.
Le 20 juillet 1876, un incendie se déclare dans le vieux bourg de Gavray. 140 maisons sont détruites, la Municipalité autorise les victimes à prélever des pierres du château pour leur reconstruction.

 
 

En 1863, dans son ouvrage « Gavray et son château » Charles- François ONFROY de TRACY, percepteur à Gavray, en donne la description contestée suivante :

« Au XIVe siècle, le site du château présente sa masse arrondie assez semblable à la proue d’un navire renversé. A ses pieds et à  ses flancs des maisonnettes de chaume l’enserrent, quelques jardins gravissent plus haut jusqu‘à la Douve  de l’ancienne forteresse (rue du moulin à tan).
Des Bains, le voyageur voit, au-dessus des fortifications de l’enceinte, l’Abside de la Chapelle, la masse d’un gigantesque Donjon et des tours voisines.
En venant d’Avranches ou de Cérences, il aperçoit les restes d’une vaste Tour semi-circulaire éventrée par le milieu dont le revêtement extérieur se distingue encore.
Au midi (côté Bérence) les murailles se détachent par leur couleur grisâtre. Deux énormes masses de pierre lancées, dit-on par l’explosion de la poudre en 1378, se sont arrêtées à une hauteur de 80 mètres.
En avant de la Tour semi-circulaire, une plate forme séparée des fortifications principales par une tranchée de 12 à 15 mètres de largeur, creusée dans le roc vif domine la seul voie qui donne accès au château.
A l’extrémité de la voie qui descend du château, on trouve 2 Tours  dont la position est indiquée par les fouilles opérées pour enlever les pierres à leur base. Cet endroit à conserver le nom de Pont-Gaché certainement à cause du premier pont-levis qui s’y trouvait, le deuxième pont-levis devait être placé en avant de la plate forme, le troisième  reliait la grosse Tour avec la plate-forme.
Une ancienne voie, probablement romaine, reliant Coutances à Avranches s’élève du Pont-Gaché vers la lande Saint Luc où elle côtoie, en atteignant le plateau, une forte levée de terre destinée à protéger de ce côté les abords de la forteresse.

Au-dessous du Pont-Gaché, le même chemin descend vers le bourg, s’appuyant à droite sur la butte et soutenu à gauche par une muraille dont on aperçoit encore les vestiges. La muraille et le chemin formaient la Fausse Braye dont parle D’Uronville dans son récit du siège de 1378 dans son ouvrage « Vie du duc de Bourbon ». L’entrée de cette Fausse Braye était placée à l’angle du chemin de la Lande et celui de la grosse pierre.
Après avoir franchi la brèche, on trouve une citerne comblée (silo) dont la partie supérieure est découverte. Elle est enduite  d’un ciment rouge très dur.
Plus haut, à sa droite, une petite tour dont la tradition veut que les poudres y fussent enfermées lors de la première destruction.
Ensuite le Donjon, construction formant un large parallélogramme environnée d’une muraille épaisse de 3 mètres et demi à la base puis des murs de moindre épaisseur.
A côté, et en dehors de la muraille, une étroite poterne (belvédère).
Toutes ses ruines ont 2 à 4 mètres d’élévation.
Plus loin, le plateau (plate forme) est environné de murailles épaisses rasées vers l’intérieur au niveau du sol, dont la surface a été bouleversée par la destruction des édifices de cette partie de la forteresse.
Vers le nord, une deuxième citerne plus grande que la première, presque comblée par des débris, n’offrant plus qu’une profondeur de 3 à 4 mètres sur 3 de largeur. Des canaux disposés sur les côtés conduisaient l’eau dans ce vaste réservoir voûté.
A l’est de l’extrémité du plateau, des inégalités et des profondeurs, dont l’une a conservée le nom de fontaine Saint Louis, se situait dit-on l’emplacement de la Chapelle du château dédiée à Saint Michel puis à Saint Louis.
Dimensions
La colline, sur laquelle s’élevaient les fortifications, mesure 47 mètres de large sur 126 mètres de longueur et représente une surface de 4 600 m2.
Une distance de 372 mètres séparait la grosse Tour des fortifications du Pont-Gaché, le château couvrait donc de par ses constructions une longueur de 372 mètres.
Sa défense
Un large fossé appelé Douve formait une première défense vers le bourg, ouverte au flanc de la colline, elle prenait naissance  au 3ème pont-levis  au-dessous de la Grosse Tour, se prolongeait au nord du château jusqu’au levant (côté Bérence) où l’escarpement de la colline la rendait inutile.
Près de la Douve commençait les propriétés particulières. D’abord la Haute rue, puis la rue Picot et ensuite le pont sur la Sienne.
Au midi, l’escarpement de la colline, la rivière coulant à ses pieds, et des murailles aux gigantesques proportions mettaient les défenseurs à l’abri de toute attaque.
Au nord, les murs, le fossé appelé Douve, puis, au pied de la colline, une rivière assez large donnaient toute sécurité à la garnison.
La bourgade elle-même, placée en deçà et au delà de la rivière, était défendue par une large Douve toujours remplie d’eau. »

 

 

 

 

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AFTER THE 100 YEARS WAR


After 1450, the castle had no further strategic interest and its role became extremely modest. It was restored in 1459 and until the beginning of the 17th Century, it was home to a garrison, from which time it was, to all intents and purposes, of no further use.