Association de Sauvegarde du

CHATEAU DE GAVRAY

LE CHATEAU ROYAL

Robert de Trégost, capitaine du château, ne voulut pas se séparer de son maître Jean Sans Terre lorsque la fortune l’abandonna. Il quitta la Normandie, renonçant à son château de Trégotz, baigné par la Vire.
En 1204, Philippe-Auguste s'empare de la Normandie ; Gavray ne paraît pas avoir joué de rôle dans la résistance normande. La forteresse devient alors un château royal, qui n'a plus guère de rôle stratégique.

Des comptes royaux de 1321 et de 1324 font état de réparations et de travaux d'entretien concernant divers bâtiments à l'intérieur de l'enceinte. Sont ainsi mentionnées : «la chapelle», «une des tourelles près de la chapelle», la «maison d'après la chapelle», la «maison sur le puits», la «maison au portier», la «grand salle», la «grand salle au châtelain», la «chambre au châtelain», la «chambre de la garnison», etc.

Pour le jonc de la chapele : 3 s.
Pour appareiller la premiere porte du chastel : 12 s.
Pour faire un anel de fer et la porteure en la porte : 3 s.
Pour curer les goutieres et appareiller le palis du chastel : 8 s.
Pour une serreure :18 s.
Pour couvrir de 2 milliers d'escende, pour clou et late pour tout : 60 s.
Item, sur le mur de la grant sale pour les lermiers et goutieres apareillier pour 1 post et 1 travers a une des tourelles leiz la chapele, pour roullier et plancher  les chambres aesiees en la grant sale, pour 3 royls en la garderobe d'apres et replancher, par un bout et couvrir sur la maison dessus le puiz, pour une goutiere sur la maison au portier, pour la maison d'aprez la chapele refaire de 36 piez de travers sur les murs dudit chastel, une sabliere de 6o piez et le lonc par devers la chapele de 50 piez a un fest et environ 30 couples de chevrons et recouvrir le coste et la maisson et haucher le mur de ladite chapele 7 piez, et celuy devers les murs 2 piez, pour asseer une piece de plen apres la grant sale au chastelain, item sur ladite sale 3 chevrons et recouvrir et lambroisser pour couvrir le coste de la chambre au chastelain et la premiere porte couvrir a tasche, pour 12 milliers d’escende pour pourpoindre en  plusieurs liex en chastel, pour toutes ces choses faire en tasche, a Ricart Robin et Guillot le Camus : 108 l.
Pour 36 milliers de clou a pourpoindre les 12 milliers d'escende dessus dite, pour le millier : s. 6 d., valent : 6 l : 6 s.
Somme : 118 l : 13 d. dont l'en compte a present la moitie.

Les recherches archéologiques n'ont pas permis de localiser ces différents bâtiments.

La Normandie jouit de plus d’un siècle de tranquillité (jusqu’en 1328). La prospérité reparait sous les règnes de Louis IX, Saint Louis, et Philippe IV le Bel, les rois anglais regrettent la perte « d’un si gras pays ».
Gavray obtient, de Philippe-Auguste, le droit de commune avec les franchises municipales en découlant en même temps que Saint Lo, Avranches, Valognes et Cherbourg. L’importance du château fort de Gavray lui mérita sans doute cette faveur exceptionnelle, beaucoup plus que l’importance du bourg. Les habitants avaient désormais la faculté de répartir les impôts, de procéder à l’étalonnage de leur poids et mesure, d’avoir une bannière municipale, de porter les armes, de choisir les chefs de leur milice…..
En 1218, Philippe Auguste préposa à la défense du château l’un de ses plus fidèles vassaux, Hugues de Boutigny. A cette occasion, il lui permit de donner une dot à sa fille, la terre de Belval. En donnant le Cotentin à son fils Philippe, il conserva néanmoins pour lui les forteresses de Mortain et de Gavray. Depuis la fin du XIIe siècle, Gavray et sa forêt constituaient un fief ou honneur du domaine royal.

Pendant la minorité de Louis IX, petit-fils de Auguste, Foulques Paisnel, seigneur de la Haye, se mit d’accord avec un certain nombre de Bannerets du bocage et fit des avances au roi d’Angleterre.
En 1228, ce dernier, Henri III, d’intelligence avec le duc de Bretagne, débarqua à Saint Malo et s’avança vers la frontière du Bocage où il fut reçu par Foulques Paisnel et les autres conjurés. Ensemble, ils prirent Saint-James et Pontorson et se dirigèrent vers la Haye Pesnel.
La reine Blanche de Castille envoya une armée qui prit plusieurs places fortes dont Gavray.
Foulques ne put sauver son château de la Haye Pesnel qui fût rasé de fond en combles.

 
Blanche de Castille

 

 

 

En 1256, Louis IX passa par Gavray au cours de son voyage en Basse Normandie. La tradition veut que se rattache à ce voyage du roi, le nom donné à la partie du château jadis occupé par la Chapelle Saint Michel.


Il existait à cette époque une famille portant le nom de Gavray, descendants des anciens seigneurs de l’endroit. Dans la liste des donateurs de l’Hôpital Hospice de Saint Lo, on relève le nom de Jean de Gavray. En 1269, cinquante ans plus tard, ses descendants Philippe et Jean de Gavray consentirent la fondation d’une rente en faveur de l’abbaye de Barberia (ou Barbery), de l’ordre de Citeaux fondé en 1170 au diocèse de Bayeux. En 1307, dans l’état des Templiers de Breteville, on relève une rente due par Yon de Gavray.

 

Blanche de Bourgogne

Résidence des hôtes royaux, il sert de prison en 1326 à Blanche de Bourgogne, épouse du futur Charles VII, à la suite du scandale d’état de la Tour de Nesle. Blanche, demeura sept ans prisonnière au Château Gaillard, transférée au château de Gavray elle n’en sortit que pour prendre le voile à l’abbaye de Maubuisson. Pendant les années de son séjour à Gavray, sa captivité fut moins rigoureuse.

En 1327, l’Etat des fiefs de l’Election de Coutances, dressé par Godefroy le Blond, grand bailli du Cotentin, dresse l’état des assujettissements à la garde du château de Gavray :

- Guillaume de Montaigu, devait dix jours de garde à la seconde porte du château, en contre partie certains droits d’usage lui étaient concédés dans la forêt de Gavray,
- Robert de Ver, devait fournir dix boisseaux de froment en échange d’un ancien service au château, il avait droit à la glandée pour ses porcs et à un hêtre de rente à Noël,
- Robert le Forestier, pour un fief valant 140 livres de revenus, avait droit à certains usages dans la forêt,
- Guillaume de Thieuville, tenancier du fief du Mesnil Garnier, avait droit à un chêne dans la forêt, au panage pour ses porcs, mais devait 20 livres  à deux échéances pour le fief de Mansel et dix jours de garde à une porte du château en temps de guerre,
- Le prieur et le couvent de la Bloutière, redevable de diverses rentes donnant droit pour leurs porcs à la forêt,
- Guillaume de Chanteloup devait, pour son fief du Tourneur, un homme armé au couchant et au levant du château,
- Jean Louvel, écuyer pour un fief de Ver, devait un homme d’armes,
- Guillaume de Moustiers devait, pour son fief de Belval, 20 sous tournois au château de Gavray, moyennant quoi les gens de Belval étaient quittes de tous droits dans les foires et marchés de la châtellenie et exempts de péages ».

Etaient également cités : Thomas de la Bellières, Guillaume Huel, Guillaume le Champion, Philippe deSaint Denis, Nicolas Baudre, Foulques de Sainte Marie, Richard de Foligny, Foulques de Beauchamps, Jehan Paenel, Richard Carbonnel, Olivier Paenel, sire de Moyon et Tessy, Jehan de Marchambye, Guillaume de Pirou, Richart de Courcy, sire de Marigny, Foulques Paenel, sire d’Hambye, Jehan Tesson, Guillaume Corbet, Geoffroy de la Lande, Raoul de Saucey, sire de Gratot, Guillaume de Creully, Fralin de Malesmains, Jean de Méautis, Guillaume de l’Isle, Jehan d’Agneaux, Robert le Maine, sire de Sourdeval, Geoffroy de Mesnildrey, Guillaume de Camprond, sire du Lorey…….

 

 

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THE ROYAL CASTLE

In 1204, when Philip-Augustus took back control of Normandy, the fortress then became a royal castle, having no further strategic role to play.

Royal accounts of 1321 and 1324 give details of the costs of repairs and upkeep concerning some of the buildings inside the perimeter wall.

Archeological research has not enabled us to discover exactly where each of these buildings was situated.